La crise mondiale déclenchée par la propagation du Covid-19 s’est encore aggravée cette semaine, obligeant les gouvernements à prendre des mesures drastiques.

La nervosité des marchés boursiers fait craindre une récession globale, avec des effondrements historiques des cours des actions et un choc tel que l’économie mondiale pourrait mettre des mois à se redresser.

US S&P500. La volatilité des marchés au quotidien (le passage du plus haut au plus bas en un jour) se rapproche de ce qui a été observé pendant la crise financière mondiale.

Alors que la maladie continue de se développer, les gouvernements ont commencé à prendre des mesures qui auraient semblé encore impensables il y a quelques semaines.

En France, le Président Emmanuel Macron a finalement annoncé une phase de confinement afin d’essayer de contenir le virus, en appelant à la responsabilité des citoyens. L’Italie a imposé un verrouillage national, avant que l’Europe ne décide de fermer ses frontières. Les écoles et les universités sont désormais fermées dans la plupart des pays européens, tandis que des milliers d’entreprises ont demandé à leurs employés de travailler chez eux.

Le 16 mars, au moment de la rédaction de notre point hebdomadaire, le Covid-19 avait été détecté dans près de 150 pays, selon l’Organisation mondiale de la santé, qui considère désormais la crise comme une pandémie. Plus de 160 000 personnes ont été diagnostiquées et le nombre de décès est passé à près de 6 500.


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Notre point hebdomadaire d’informations expertes sur le coronavirus. Composé d’associations à but non lucratif, The Conversation est un média qui travaille avec des milliers d’universitaires à travers son réseau mondial. Ensemble, nous produisons des analyses fondées sur les faits et la recherche académique. Les articles sont gratuits – il n’y a pas de paywall – et peuvent être republiés.


Face à toutes les incertitudes sur la façon dont la pandémie peut se développer et sur son impact mondial, les articles de La Conversation ont fourni une couverture unique. Avec des analyses publiées en quatre langues – anglaisfrançaisbahasa indonesia et espagnol – les huit éditions de The Conversation ont constaté une large hausse de leur audience, le public privilégiant clairement l’expertise, à l’opposé des approximations et des fausses rumeurs circulant sur les réseaux sociaux.

Dans cette deuxième chronique hebdomadaire, nous mettons une fois de plus en avant certains des articles publiés par le réseau mondial de The Conversation.

Préparez-vous à notre nouveau mode de vie

Une chose est devenue évidente : nous devons nous préparer à un nouveau mode de vie. Les experts ont réfléchi à ce que cela pourrait impliquer :

  • De l’Université internationale de La Rioja, en Espagne, Vicente Soriano plaide pour la fermeture des établissements scolaires (en espagnol) tandis que Kyungmee Lee de l’Université de Lancaster, au Royaume-Uni, affirme que la mise en ligne des cours universitaires n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Philippe Meirieu, professeur en sciences de l’Education à l’université Lumière Lyon 2 donne lui quelques pistes pour continuer à instruire les enfants depuis la maison.
  • L’annulation des rassemblements publics est un autre changement radical. Simon Chadwick, de l’EM Lyon Business School, considère que la suspension du calendrier sportif international pourrait avoir des conséquences importantes sur l’industrie du sport. Kari Brossard Stoos, du Ithaca College, aux États-Unis, et Heather Dichter, de l’université de Montfort, au Royaume-Uni, explorent l’impact de ces annulations sur les Jeux olympiques.
  • La « télésanté » pourrait jouer un rôle dans la limitation de la propagation du virus. Centaine Snoswell et Anthony Smith de l’Université du Queensland en Australie en expliquent les bases.
  • Erika Hughes de l’Université de Portsmouth, Royaume-Uni, estime aussi que le Covid-19 pourrait changer la façon de se saluer pour toujours.

Epidémie, pandémie ? Les différences et les principales implications

Une autre grande question abordée par nos experts concerne la décision de l’OMS d « annoncer que l’épidémie était désormais une pandémie.

Un retour sur la grippe espagnole

Les universitaires ont également offert des perspectives historiques, en évoquant l’épidémie de grippe espagnole il y a un siècle.

Howard Phillips, de l’Université du Cap, en Afrique du Sud, revient sur les erreurs élémentaires commises lors du rapatriement des soldats sud-africains d’Angleterre en 1918.

Chris Colvin de l’Université Queen’s de Belfast, au Royaume-Uni, et Eoin McLaughlin de l’University College de Cork, en Irlande, explorent de leur côté les leçons de la crise économique qui a suivi.

Lutter contre la désinformation

La propagation de la maladie a également donné lieu à des entreprises de désinformation sur les réseaux sociaux.

  • Peter McCaffery, professeur de biochimie à l’université d’Aberdeen décrypte un mythe très répandu : il est peu probable que la prise de vitamine C prévienne ou guérisse une infection à coronavirus.
  • Professeur de journalisme et de médias sociaux à l’université Griffith, Australie, Mark Pearson, offre des conseils pour mieux identifier les sources fiables sur la pandémie. Enfin, Denis Muller, de l’Université de Melbourne, Australie, souligne l’importance d’appliquer les normes éthiques les plus strictes dans les reportages sur l’épidémie de Covid-19.

Qui est le « patient zéro » ?

De nombreuses questions subsistent, notamment au sujet du fameux « patient zéro ». Wanda Markotter de l’Université de Pretoria, Afrique du Sud, liste les mesures prises par les scientifiques pour retrouver la source initiale de Covid-19.

Pour finir sur une note positive, l’une des bonnes nouvelles est le partage de connaissances au niveau international pour lutter contre cette pandémie : Aleks Berditchevskaia et Kathy Peach du Centre for Collective Intelligence Design de Nesta, Royaume-Uni, explique comment cette intelligence collective est mise à la disposition du public.

Les scientifiques sont toujours à la recherche de la source de Covid-19. Getty Images