De nombreux hommes en Chine connaissent aujourd’hui le célibat, du fait d’un excédent de population masculine. Unsplash/RaymondTanCC BY-NC-ND

Alors que dans le reste du monde, il y a à peu près autant de femmes que d’hommes aux âges du mariage et de la reproduction, ce n’est pas le cas en Chine qui, en 2010, enregistrait une proportion d’hommes légèrement supérieure (103 hommes pour 100 femmes chez les 20-50 ans).

Il y a plus d’hommes que de femmes en Chine, ceci à presque tous les âges sauf au-dessus de 70 ans. Ce déséquilibre numérique entre les sexes résulte d’une surmortalité féminine ancienne et, à partir des années 1980, d’un excédent anormal de garçons à la naissance du fait de la sélection prénatale du sexe.

Un excédent d’hommes marqué dans les villes

Figure issue de Isabelle Attané et al. Population & Sociétés, n°557, Ined, juillet-août 2018Author provided

L’excédent d’hommes est plus marqué dans les villes, vers lesquelles afflue une main d’œuvre d’origine rurale (et qui abritent 8 des 11 millions d’hommes excédentaires chez les 20-50 ans). C’est pourtant dans les campagnes que les hommes ont le plus de difficultés à se marier, en particulier les plus pauvres.

En effet, les femmes célibataires, bien moins nombreuses que les hommes célibataires, tendent à privilégier de futurs conjoints susceptibles de leur procurer un meilleur confort matériel donc, plus fréquemment, des citadins.

Le célibat en Chine est ainsi massivement masculin, notamment dans les campagnes : à 35 ans, on compte plus de 500 hommes pour 100 femmes parmi les célibataires ruraux, et ce rapport atteint presque 2 000 à l’âge de 50 ans.

La question du célibat masculin, notamment à la campagne, devient une préoccupation majeure en Chine.

Et ce d’autant plus que le déséquilibre numérique va s’aggraver dans les années futures : chez les moins de 30 ans en 2010, qui formeront le groupe des 20-50 ans en 2030, on compte en effet 109 hommes pour 100 femmes, soit un excédent masculin de l’ordre de 23 millions (figure).

Si la question préoccupe autant le monde scientifique et politique, c’est aussi parce qu’en Chine le célibat reste considéré comme une situation anormale, à même de compromettre l’organisation sociale fondée sur la famille et les solidarités intergénérationnelles.